mai 08, 2008
Aerial
(Quand on clique sur les vignettes on voit les photos en grand.)
Prenez une danseuse aux mouvements puissamment graciles, une usine dés-affectée, ajouter un rayon de soleil venu s'écraser sur un sol à la colère immobile, prenez trois coeurs émus et heureux de l'instant qui se partage, mélangez le tout à une séance de danse au coeur d'un silence d'une puissance phénoménale, ponctué du clic du canon, des coups de pieds à la poussière, du bruissement des cheveux et des tissus, de l'air brassé et des particules de soleil en mouvement.
Un moment particulier dans le temps, dont on ne ressort pas indemne, mais l'on cache son émotion intime à l'autre parce qu'on ne sait pas trop comment gérer ça, et puis quand le souvenir photographique refait surface des entrailles de la carte mémoire, il vous submerge et vous dit combien ce qui s'est passé là était important et combien il vous a ouvert à un autre mode d'expression que vous ignoriez presque totalement avant, avec dedans l'histoire d'une fille, d'une tache de lumière, du silence et du corps en mouvement!
J'ai vu danser Stevie deux fois dans ma vie, la première fois elle a mis ses tripes à l'air pour parler du courage de l'exil, cette fois çi, elle nous a déclaré son amour au soleil et j'en ai pris des éclaboussures pour moi, parce qu'à chaque fois elle le fait avec une telle générosité qu'on ne peut que se sentir happer dans sa mouvance, elle vous transporte au coeur même des émotions, elle vous ouvre les portes de son coeur et vous savez que cette fille là ... elle a trouvé sa voie!
Je vous présente donc ce moment au travers de tous ces clichés parce que je voulais vous faire partager un peu de cet échange fort que nous avons eu et que le choix d'une ou deux photos l'aurait réduit à juste une "jolie esthétique", ici je veux vraiment vous montrer le mouvement dans toute sa splendeur, sa longueur, sa langueur, son apesanteur, ...son bonheur!
15:54 Publié dans Collaboration, Photo, serial photographer, vous | Lien permanent | Commentaires (19) | Envoyer cette note
mar 08, 2007
Dans les mots d'elle

Je m'appelle Leïla et j'ai 8 ans.
Ils sont épais et comme de la paille. Mais maman dit qu'ils ont le reflet roux des écureuils.
Ceux qui sont dans le parc en ville. Ils grimpent aux arbres.
J'aime bien quand on va au parc, toutes les deux.
Et j'aime bien les écureuils.
De derrière l'objectif de son appareil photo. Elle fait plein de photos maman.
Plus tard, quand je serai grande, j'aimerai faire comme elle.
Et c'est moi qui la mettrait dans la boîte comme elle dit! Mais elle n'aime pas être photographiée.
Pourtant elle est belle avec ses cheveux courts. Ils sont blonds dorés.
Y'a comme des petites étoiles ou des petits soleils qui brillent dedans.
Ca doit ressembler à ça les pépites d'or.
Et puis aussi, elle a ses yeux grands ouverts.
Quand elle regarde, on dirait qu'elle "mange" les choses et les gens!
Les yeux peuvent pas manger, je sais.
Mais c'est comme si c'était sa bouche. Maman, elle a faim avec ses yeux.
J'ai pas compris ce que c'est rester naturelle.
Comme je savais pas, je l'ai regardée, et j'ai pensé à elle.
A l'école, les filles de ma classe sont plus grandes que moi. Sauf Annette et Chloé. Et Ingrid aussi.
Mais c'est pas pareil. Maman, elle a les lèvres douces. Elle fait des bisous qui sont tout doux.
Pas forts.
Sur la joue et sur le front.
Mais c'est des bisous qui sont comme des calins. Des fois, je pleure, alors elle me regarde. Et puis elle me sourit. Elle me prend la main.
Dans sa main.
Et elle serre un peu.
Pas fort.
Mais un peu quand même.
Elle a les mains douces et chaudes, maman.
Ca me fait du bien, et après je pleure plus. Elle ne parle pas. Enfin si mais pas beaucoup. Comme moi.
A l'école, j'ai une copine qui est toujours punie parcequ'elle bavarde en classe.
Moi je suis pas bavarde.
Parceque je sais jamais comment dire. Alors je dis pas.
A la récré, j'aime mieux courir dans la cour.
Je joue à tourner en dansant sur moi-même.
Parceque ça me fait rigoler d'avoir la tête retournée comme si j'avais bu.
Même si je sais pas ce que c'est.
Avec maman, j'ai pas besoin de dire. Elle comprend tout.
C'est à cause de ses yeux.
Elle pense à autre chose. J'sais pas à quoi. C'est comme si elle est pas là.
Alors j'en profite pour la regarder. J'aime bien quand elle est comme ça.
Elle doit penser aux photos qu'elle va prendre. Je sais pas. Elle a l'air contente.
Et ça me fait rire parceque des fois elle se trompe.
Elle me donne sa tasse de café au lieu de mon bol de chocolat.
Celui qui est bleu. Avec une fleur orange.
Elle l'a acheté pour moi et on le range dans le placard en bas, à côté de l'évier.
Parcequ'au début il était en haut, mais je pouvais pas l'attraper.
Maman avait oublié que je peux pas ouvrir en haut.
On a rigolé!
Comme les chinois.
Enfin je sais pas. Mais c'est marrant.
Et elle a des jolies dents. Qui sont toutes blanches. Et son rire ça fait "i hi i hi i hi".
Ca me donne envie de rire, encore plus.
Elle est trop belle.
Elle va me la montrer, je sais. Mais j'aimerai bien qu'elle me la donne.
Juste celle là.
Je sais pas pourquoi.
C'est parceque quand elle l'a prise, j'ai pensé très fort à elle.
Je l'aime très fort, maman.
Alors c'est comme si elle était dans mon oeil.
On dirait que cette fois c'est moi qui l'aurait mangée avec mes yeux. .
.
.
Ce très bel instant à été saisi par "elle" en lisant dans la trame de la photo que je lui avais envoyée
parce que j'admire les histoires dans ses mots,
tjs dites avec le coeur et cette capacité à se tranposer dans son personnage absolument étonnante
elle m'a donc fait cet immense plaisir de les coller à une de mes photos ...
je ne sais pas pour vous mais moi ce texte il m'émeut profondément!
Parce ce que je m'y indentifie tellement bien je suppose aussi! (en tant qu'enfant, en tant que maman)
MERCI!
19:35 Publié dans Collaboration | Lien permanent | Commentaires (21) | Envoyer cette note





































